On en parle, le nouveau Sarkozy devait arriver après le camouflet des municipales.
Le style allait changer : dans un entretien accordé à la radio britannique BBC ce mercredi, le Président, en visite à Londres, assure qu'il a entendu les critiques qui lui ont été adressées sur son
apparence et son comportement.
Mais l’effet de rupture ne semble pas prendre….
1 - Encore une promesse électorale non tenue !!!
Hormis ses nombreux tic à corriger (
voir article libé), Sarkozy a déclaré vouloir augmenter la présence française de 1000
soldats en Afghanistan devant le parlement anglais.
Oui mais voilà, Sarkozy déclarait ce 26 avril 2007 lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2:
"Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme, mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne
me semble pas décisive"
"Il y a eu un moment donné pour aider le gouvernement de M. Karzaï, où il fallait faire un certain nombre de choix, et d'ailleurs le président de la République a pris la décision de rapatrier nos
forces spéciales et un certain nombre d'éléments. C'est une politique que je poursuivrai"
De plus, quelques temps auparavant : le dimanche 17 décembre 2006, Alliot-Marie en visite en Afghanistan annonçait un prochain retrait des 200 militaires des forces spéciales françaises tout en
rappelant que la force de l'Otan était désormais déployée sur tout le territoire afghan.
2 - Annonce sans concertation avec le parlement
En faisant à Londres l'annonce d'un renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, Nicolas Sarkozy a créé la polémique au Parlement, encore tenu à l'écart des
opérations militaires à l'étranger, et relancé les accusations d'atlantisme.
La grogne a gagné jusqu'aux rangs de l'UMP.
Le président de l'Assemblée nationale lui-même, Bernard Accoyer, a annoncé jeudi avoir demandé au Premier ministre François Fillon "que le Parlement soit saisi" pour un
"débat
indispensable".
Le député souverainiste UMP Jacques Myard a mis en garde contre un "véritable guêpier" militaire et regretté un "alignement atlantiste".
A gauche, le patron du PS François Hollande a dénoncé "
la méthode où on annonce en Angleterre ce qui devrait être annoncé en France", jugeant que face à "l'enlisement
(...) toute présence supplémentaire de forces françaises en Afghanistan est une erreur".
Ségolène Royal s'est déclarée "choquée" par l'annonce
"devant les parlementaires britanniques alors qu'il n'y a pas eu le moindre débat devant les parlementaires
français".
Elle aussi refuse l'envoi de renforts alors que l'on ne "connaît ni les risques d'enlisement ni les garanties qui sont prises pour protéger nos soldats".
Mercredi, le député PS Henri Emmanuelli avait interpellé le gouvernement pour s'indigner que la France soit "
la seule démocratie occidentale où une situation de guerre peut perdurer
sans que le Parlement ne l'autorise ou n'en soit informé".
Au final, qui va se réjouir, sûrement Bush : les américains demandaient l'envoi de renforts européens sur ce théâtre.
Et comme la France va prendre la tête de l’Europe, déjà qu’elle est mal barré au niveau du déficit national et de ses finances, elle souhaite sans doute apparaitre comme une bonne élève, dans
l'idée de renforcer la défense européenne.
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